Choisir des matériaux de revêtements intérieurs à faible impact environnemental

Principes de base

Pour choisir un matériau, il est toujours préférable de se baser sur une analyse de cycle de vie (voir Dossier | Le cycle de vie de la matière : analyse, sources d'information et outils d'aide au choix ). C'est la méthode la plus correcte pour définir l'impact environnemental d'un matériau. Cependant en l'absence d'une telle analyse ou pour effectuer une première approche les principes de base suivant sont à prendre en compte :

  • Eviter les matériaux toxiques
  • Eviter les matériaux composites
  • Favoriser l'utilisation de matériaux recyclables et recyclés sur notre marché (travail de préparation préalable)
  • Choisir les matériaux en tenant compte des possibilités de réemploi direct, ou de réemploi après remise à neuf, ou encore de recyclage
  • S'assurer de la justesse des informations relatives à la valorisation des matériaux en fin de vie (variable selon le marché du déchet)
  • Vérifier la composition des matériaux, l'origine des matières premières et la conformité avec les normes applicables (écolabels...)
  • Prendre connaissance du marché des déchets et du recyclage pour apprendre à connaître les matériaux recyclables ainsi que la manière de choisir et d'associer ces matériaux selon leur classe de recyclage.

Afin d'être cohérent dans l'approche environnementale des matériaux de revêtements, il importe de tenir également compte du choix des autres matériaux entrants dans la composition des parois, tels que la structure portante, l'isolation thermique et phonique, les membranes de diffusion (pare-vapeur). Pour répondre à ces questions, nous vous renvoyons vers les fiches du guide qui offrent des informations plus spécifiques sur des sujets comme les matériaux isolants, l'étanchéité à l'air, les éléments de structure, etc.

En dehors des aspects techniques, aujourd'hui, de nombreux labels ou éco-certifications permettent au concepteur de choisir des matériaux plus respectueux de l'environnement et de la santé. Prioritairement, on se tournera vers les labels officiels, dont le principal est l'écolabel européen. Il existe également des labels nationaux plus stricts et plus ambitieux que le label européen, et des labels privés.

Le caractère renouvelable des matières premières utilisées

Etant donné l'enjeu majeur de l'épuisement des ressources (voir Dossier | Problématique et enjeux d'une utilisation durable de la matière ), il est essentiel d'envisager le recours à des produits et matériaux fabriqués à base de matières premières renouvelables. Ceci d'autant plus que les matériaux de revêtements intérieurs ont des durées de vie assez courte, cet aspect ne peut pas être négligé. Il est encore plus important si le choix se porte, malgré les éléments de réflexion développés dans ce dossier, sur des assemblages non réversibles qui rendront difficiles voire impossible la dissociation des composantes du bâtiment en fractions nettes à la fin de leur cycle de vie.

Analyser la possibilité de recourir à des matériaux de récupération

Lors du choix du matériau de revêtement, il est également possible d'opter pour des éléments de récupération : lambris en bois, carrelages muraux, élément de faux-plafonds,...

Il existe un site internet listant les vendeurs professionnels de matériaux de récupération et dispensant de conseils à propos des matériaux de réemploi et de leur mise en œuvre : www.opalis.be

Les revêtements en matières synthétiques ?

  • Les « plastiques » sont faits à partir de monomères agglutinées entre elles pour former des polymères. Ces monomères peuvent être soit d'origine naturelle, soit de synthèse, issues de la chimie du pétrole, du gaz naturel ou du charbon.
  • Leur fabrication se fait en deux phases : la fabrication ou extraction très énergivore et l'assemblage des monomères en polymères.
  • Leur écobilan (ACV, voir Dossier | Le cycle de vie de la matière : analyse, sources d'information et outils d'aide au choix ) n'est pas très favorable De leur fabrication résulte la création de sous-produits et déchets de fabrication ingérables, difficilement recyclable ou problématique lors de leur élimination de par les gaz émis et difficilement saisissables. (Exemple : émanation de gaz toxiques lors d'un incendie ou formation d'acide chlorhydrique liquide sous l'effet du contact entre de l'eau et ces mêmes gaz.)

(Information issue de l'ouvrage « L'habitat écologique : Quels matériaux choisir ? », F. Kur, éd. Terre vivante, 2006)

Figure 4 : BatEx [049] Rue De Fléron, Enduit intérieur à l’argile BatEx [049] Rue De Fléron, Enduit intérieur à l'argile

Utiliser TOTEM

TOTEM est un outil qui évalue les impacts environnementaux des éléments et des bâtiments  tout au long de leurs cycles de vie. En comparant différentes variantes, le concepteur peut optimiser son projet en optant pour la solution ayant le plus faible impact environnemental.

Les variantes feront varier la composition (type de matériau, ou même matériau mais issu du réemploi) ou feront varier sa performance énergétique.

En partant d'une composition de base, TOTEM peut mettre en avant l'impact relatif de chaque matériau afin de permettre au concepteur d'identifier les points critiques où porter son attention.  

Exemple de rapport de TOTEM

Mais aussi d'autres données précises vous permettant d'analyser votre bâtiment en détail et d'améliorer sa conception en testant différente solutions.

Plus d'info sur totem-building.be et sur le dispositif TOTEM.

Mis à jour le 01/01/2013