Choisir le type et les caractéristiques des matériaux de finition

Favoriser les matériaux bruts

Le choix de laisser les matériaux structurels apparents tels que les blocs de terre cuite, la brique, ou le béton offre l'avantage d'épargner la mise en œuvre d'une finition souvent à l'origine du dégagement de substances nocives pour la santé : moquettes, linoléum, parquets stratifiés, les colles éventuelles pour fixer ces matériaux ou le traitement de parquets en bois, enduit et peinture.

En outre, ce choix permet une rationalisation de l'utilisation des matériaux de construction favorable à l'environnement.

Cependant, les finitions de type enduit améliorent nettement l'étanchéité à l'air des parois maçonnées (voir dossier Améliorer l'étanchéité à l'air). La solution d'une maçonnerie apparente ne sera donc retenue que pour les parois intérieures.

En outre, les matériaux bruts apparents nécessitent une attention particulière lors de leur mise en œuvre afin de répondre aux exigences esthétiques : rejointoiement, efflorescences… Pour les blocs terre-cuite par exemple, les joints peuvent être réalisés en mortier colle pour un aspect esthétique plus uniforme, pour autant que la colle utilisée ne diminue pas la qualité de l'air dans les locaux.

Les panneaux de finition

Les plaques de plâtre traditionnelles sont composées d'un noyau de plâtre et de carton sur les deux faces. On trouve sur le marché des produits alternatifs

  • Des plaques constituées de plâtre et de fibres de cellulose, sans colle et donc sans aucun dégagement de substance nocive
  • Des plaques dépolluantes qui éliminent une majorité des principaux COV présents dans l'air intérieur. Un composant spécifique incorporé dans la matière capte et transforme en un composé inerte (une réaction chimique casse la liaison Carbone-Oxygène du formaldéhyde et le transforme en chaîne carbonée) une grande partie des COV contenus dans l'air intérieur. Ce procédé est constaté par des mesures effectuées par des organismes agréés et certifié actif pendant plusieurs dizaines d'années.

    • Ces plaques se présentent de façon tout à fait similaire aux plaques de plâtre traditionnelles et se mettent donc en œuvre de la même façon.
    • Attention, ce type de matériau ne dispense néanmoins pas de mettre en place une ventilation hygiénique efficace !
  • Des plaques en terre : panneaux en terre et argile sèche armé de fibres végétales et solidarisé entre deux toiles de jute. Ils permettent en outre de réguler l'humidité de l'air.
  • A côté des plaques de plâtre, on trouve comme panneaux de finition :
    • Les panneaux de contreplaqué
    • Les panneaux de particule OSB, MDF

La plupart des panneaux sont assemblés avec des colles qui, après polymérisation, peuvent dégager du formaldéhyde ou aldéhyde formique.

Plus les particules sont fines, plus la proportion de colle est importante. Ainsi MDF, bois aggloméré (copeaux), OSB et contreplaqué contiennent respectivement de moins en moins de colle (de 10% pour du MDF à moins de 3% pour du contreplaqué).

Panneau MDF

?image28.jpeg? Source : beveka

Panneau de bois aggloméré

?image29.jpeg? Source : archiexpo

Panneau d'OSB

?image30.jpeg? Source : habitat-ecologique

Panneau de contreplaqué

?image31.jpeg? Source : laboutiquedubois

Le taux d'émission d'un panneau décroît avec le temps mais augmente dans des conditions d'humidité et de température élevée. Il est donc conseillé de ne pas le placer près d'une source de chaleur ou de prévoir une finition étanche à l'air.

Notons qu'il existe une classification normative des panneaux de particules en fonction de leur teneur en composés organiques volatiles, fonction de la quantité et du type de colle entrant dans leur composition :

ClasseTeneur en formaldéhyde déterminée par une méthode d'extraction au perforateur selon la norme NBN EN 120Dégagement en formaldéhyde déterminé par une méthode à la chambre selon la norme NBN EN 717
E1<=8 mg/100gr de panneau<= 124 µg/m³ d'air
E28< … <=30 mg/100gr de panneau> 124 µg/m³ d'air

On favorisera les panneaux classés " E1 " (agrément technique, reconnaissables au marquage sur la face ou le côté, par exemple ATG/H.701 C E1) qui ont un taux d'émission de formaldéhyde très bas. Les contreplaqués et la plupart des OSB ainsi que nombre de MDF sont E1.

Les panneaux de classe E2 ne devraient être utilisés qu'à l'extérieur ou dans des locaux fortement ventilés comme des garages.

Il existe également des panneaux dérivés du bois collés sans formaldéhyde (classe EO). Ils contiennent à la place des polyuréthanes (à base d'isocyanate) lesquels sont potentiellement nocifs (hypersensibilité et des allergies), en particulier pour les ouvriers chargés de leur fabrication.

Les plaques de plâtre comme les panneaux à base de bois peuvent également faire l'objet d'une labellisation qui permet de nous orienter sur l'impact sanitaire des différents produits (voir le point « Labels matériaux » ci-après).

Enfin, il existe des panneaux de construction à base de fibres végétales issues de surplus de l'agriculture (déchets de récoltes de maïs, blé, colza,…). Ils ne contiennent ni formaldéhyde ni toute autre substance nocive.

Pour limiter le dégagement de COV dans l'ambiance si les panneaux ne sont pas exempts de formaldéhyde, on finira la surface, par exemple avec une peinture naturelle.

Panneaux de paille agglomérée Ecobard

?Illustratie32: Ecobard stroplaat – Bron: www.naturehabitat.fr? Source : Nature et habitat

> Dossiers Choix durable des murs non porteurs et cloisons et Choix durable des revêtements de murs intérieurs et plafonds

Les enduits

Le plâtre utilisé traditionnellement en enduit dans nos bâtiments n'a généralement pas d'impact négatif sur la santé s'il est naturel. Le phosphogypse (gypse non naturel, sous-produit de la fabrication de l'acide phosphorique et des engrais phosphatés), par contre, contient et émet du radon dans l'atmosphère. Il convient donc de l'éviter.

(Note : il peut arriver exceptionnellement que le gypse naturel, s'il est extrait dans une zone à haute concentration de radon, soit plus radioactif que du phosphogypse. Cela reste exceptionnel.)

Il existe d'autres types d'enduits à base d'argile ou de chaux. Ils présentent l'avantage de réguler l'humidité de l'air.

Les enduits et plâtres peuvent faire l'objet d'une labellisation qui permet de nous orienter sur l'impact sanitaire des différents produits (voir le point « Labels matériaux » ci-après).

> Dossier Choix durable des revêtements de murs intérieurs et plafonds

Les revêtements de sol

La pollution de l'air induite par les revêtements de sol peut provenir :

  • De l'accumulation de poussières dans les revêtements de sol textiles
  • De la composition de ces revêtements de sol (vinyles ou caoutchoucs synthétiques, velours à fibres synthétique, dossiers en synthétique, parquets stratifiés
  • Du vernis des parquets en bois massifs ou multicouches
  • De la colle utilisée pour la fixation de ces revêtements, qu'ils soient souples ou rigides

Pour la limiter :

  • favoriser les finitions inertes (carrelage, granito) ou brutes (béton lissé). Ces finitions inertes présentent un intérêt pour l'entretien et l'inertie thermique du bâtiment mais sont moins confortables d'un point de vue acoustique et sensoriel. Ils sont peu allergènes mais les colles avec lesquelles le carrelage est fixé peut contenir des substances nocives (voir ci-dessous et dossier Choix durable des revêtements de sol intérieurs). Ils conviendront dans des locaux du secteur tertiaire si des mesures acoustiques compensatoires sont adoptées et dans les locaux sanitaires des bâtiments de logement, crèche, masons de repos.
  • choisir des revêtements de sol naturels :
    • Du parquet massif (traité avec du vernis, des cires ou des huiles naturelles) ou du parquet lamellé multicouche plutôt que du parquet stratifié.

      Parquet lamellé multicouche

      ?image33.jpeg? Source : Les parquets du monde

      Composé d'une couche d'usure en bois noble, d'une couche intermédiaire en bois ‘normal' en d'une sous-couche en contreplaqué, la quantité de colles dans le produit est relativement limitée.

      Parquet stratifié

      ?image34.jpeg? Source : Reso

      Composé d'une fine couche de laque, d'un motif imprimé décoratif, d'une couche intermédiaire en aggloméré et d'une sous-couche de résine, le stratifié est un moins bon choix pour la santé

    • Du linoléum constitué de matières première naturelles : toile de jute imperméabilisée par application d'huile de lin et de poudre de bois ou de liège.

      Il sera préféré au vinyle, réalisé à base de matières premières pétrochimiques (pvc), et au caoutchouc synthétique (mélange de latex, antioxydants, minéraux résines et pigments) Tous deux émettent des COV.

    Ecole maternelle KA à Etterbeek

    ?Illustratie35: [111] KLEUTERSCHOOL KA ETTERBEEK: nieuwe passiefschool van 950 m², Gebruik van materiaal als linoleum om de gezondheid van de kinderen te garanderen, bron: arch EVR- Architecten? Ecole neuve passive de 950 m²_ Batex [ 111 ] - Utilisation de matériaux tels que le linoléum pour garantir la santé des enfants. (Source : arch EVR- Architecten )

    • Du liège : Composé de résine de liège liée avec des grains de liège, il constitue un revêtement sain avec de bonnes propriétés acoustiques et thermiques ainsi qu'une bonne résistance au feu. Choisir des cires et vernis naturels pour le traitement de surface et éviter la pose d'une couche d'usure en vinyle ou en polyuréthane.
    • Du tapis en fibres naturelles.

      Les tapis pleins sont composés de deux parties :

      • le dossier (support)
      • la couche supérieure (velours)

      Il faut prendre bien garde à la composition de chacune de ces parties si on veut un revêtement sain. Parfois, du latex lie le dossier et le velours. On préfèrera les tapis pleins dépourvus de liants en latex car ils sont souvent sources d'émanations toxiques.

      On choisira un dossier en textile végétal de préférence à un dossier synthétique. Elaborés en mousse de caoutchouc synthétique, il entraîne le dégagement, à travers le tapis, d'agents nocifs dans l'air :

      Les dossiers tissés en jute sont les plus résistants et les plus sains, mais sont parfois jugés moins confortables. Des dossiers à feutre aiguilleté peuvent améliorer le confort. Souvent munis de bandes auto-agrippantes, ces dossiers facilitent la pose et épargnent l'usage de colle.

      De même, on préfèrera des velours en en fibres végétales à un velours en fibres synthétiques (polyamide, polypropylène, polyester) qui dégrade la qualité de l'air intérieur :

      image36.jpeg Tapis en fibre de coco

      Fibre de coco

      Très résistante mais quelque peu rude, la fibre de coco absorbe peu la poussière.

      image37.jpeg Tapis en laine de mouton

      Laine de mouton

      Confortable, elle repousse l'humidité, résiste aux impuretés et s'enflamme très difficilement. Choisir une laine sans additifs contre les tâches ou le feu, elle leur résiste naturellement.

      image38.jpeg Tapis en sisal – Source : Acanthe-sol

      Le Sisal

      Fibre, tirée de l'agave, dotée d'une grande résistance à l'usure mais résistant mal à l'humidité, au soleil direct et aux taches.

      image39.jpeg Tapis en jonc de mer

      Zostère ou joncs de mer

      Très résistant, sa nature aquatique fait qu'il ne craint ni l'eau ni l'humidité.

      image40.jpeg Tapis en jonc de montagne – Source : Tapis benoit

      Jonc de montagne

      Très résistant il absorbe l'eau et est donc à installer dans les pièces sèches.

      Attention : ces fibres naturelles peuvent avoir été traités par des pesticides. On s'assura aussi qu'ils n'ont pas été traités avec des agents biocides (fongicides, insecticides, bactéricides, …) classifiés comme dangereux par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'Union Européenne (UE), le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), etc.

  • Et à défaut choisir des matériaux présentant des dégagements de substances nocives limités, ces qualités étant attestées par des labels ou certificats.

    image54.png

    Label GUT (L'Association des moquettes écologiques)

    La licence GUT est attribuée exclusivement aux fabricants dont les produits répondent aux critères suivants :

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    Nordic Swan Label

    • Le label Nordic Swan (le cygne nordique) est un label environnemental officiel dans les pays scandinaves (la Norvège, la Suède, la Finlande, le Danemark et l'Islande).
    • Il est utilisé pour labelliser des produits de différentes sortes. Pour les tapis et moquettes, ils doivent présenter une teneur minimale (80%) en fibres naturelles et être exempts de toute une série de substances chimiques. Des valeurs maximales d'émissions doivent également être respectées.

    image55.png

    Le label Oeko-Tex 100 est né de la collaboration entre Instituts Allemand et Autrichien. Elle certifie l'absence de substances toxiques pour l'homme ou l'environnement dans le produit finis.

    Blauer Engel

    Le Label BlauerAngel a des exigences de seuils d'émission pour les revêtements de sol.

    NaturePlus

    Le label NaturePlus a des exigences de seuils d'émission pour les revêtements de sol. Notamment, pour le linoleum, ne sont pas autorisés :

    • L'ajout de composés d'arsenic, de plomb, de cadmium
    • L'utilisation de composés organiques halogénés
    • Les biocides et les colorants susceptibles de libérer des arylamines carcinogènes.

> Dossier Choix durable des revêtements de sol intérieurs

Les traitements du bois

Le bois est un matériau organique susceptible d'être attaqué par des insectes xylophages et champignons lignivores ce qui peut causer des dégâts importants dans les éléments constructifs ou de finition. Pour augmenter la pérennité du bois, un traitement de préservation du bois est généralement appliqué. Mais les insecticides et fongicides utilisés polluent l'ambiance dans laquelle nous vivons : le PCP (pentachlorophénol) ou le lindane sont très nocifs, leurs substituts contiennent des sels métalliques (cuivre, chrome, arsenic) ou des hydrocarbures tout aussi nocifs pour le système nerveux.

La nocivité des substances utilisées s'est néanmoins réduite avec les traitements modernes, qui ciblent de mieux en mieux les organismes nuisibles en limitant les " dommages collatéraux " sur les habitants. Lorsque les substances sont injectées dans le bois, le risque pour l'occupant est généralement considéré comme réduit. Lors de l'application des produits directement sur chantier (badigeon d'un produit curatif par exemple), des précautions d'usage doivent être respectées : aération des locaux lors de l'application et du séchage notamment.

Du point de vue de l'habitant, la pollution de l'ambiance par des produits biocides est donc limitée, et le problème de qualité de l'air est ramené essentiellement à l'impact des solvants présents dans les traitements de finition (lasures, peintures, vernis).

On veillera néanmoins à choisir l'essence de bois la mieux adaptée à la fonction des éléments, et à les réaliser selon les règles de l'art pour éviter les traitements de conservation. On envisagera également en alternative aux traitements de préservation du bois, une modification du bois.

Choix de l'essence de bois

Pour éviter un traitement chimique du bois, on privilégiera le choix d'essences naturellement durables (chêne, mélèze, châtaigner, robinier, douglas), résistante aux attaques d'insectes et de champignons, mais surtout adaptées à l'usage pour lequel le bois est destiné. Mis en œuvre en terrasse, un bois non durable sera vite sujet à des attaques, alors qu'à l'intérieur, on pourra opter pour des essences moins durables, sauf pour la charpente si elle ne peut être contrôlée régulièrement. Dans les pièces humides, on envisagera l'utilisation du bambou qui offre une grande stabilité dimensionnelle lors de variations d'hygrométrie.

D'autre part, les pièces de bois comporteront une grande majorité de duramen, car seules les substances sucrées (amidon) contenues dans l'aubier intéressent quelques insectes xylophages.

> Dossiers Choix durable des châssis et Choix durable des revêtements de sol intérieurs

Conception selon les règles de l'art

La conception des éléments en bois selon les règles de l'art permet de les protéger en partie, naturellement, des attaqués des insectes et champignons en évitant l'exposition du bois à l'humidité. En effet, ces organismes nuisibles ont besoin, pour se développer, que l'humidité du bois dépasse 15%.

Par exemples :

  • Utiliser du bois avec une teneur en humidité adaptée, arrondir les arêtes et prévoir une goutte d'eau ainsi que des biseaux (>15°) pour évacuer l'eau de pluie plus rapidement.
  • Protéger le bois contre l'humidité directe, éviter le contact direct avec le sol.

Conception d'un châssis bois selon les règles de l'art

Illustration 14 : : conception d’un châssis bois selon les règles de l’art – Source : Formation IBGE ‘Bâtiment durable : matériaux de construction – Impact sur la santé’ – Source : Formation Bruxelles Environnement ‘Bâtiment durable : matériaux de construction – Impact sur la santé'

Mais cette démarche peut dans certains cas se révéler trop contraignante et pousser le concepteur à renoncer au bois, vu le coût d'essences suffisamment durables, la difficulté technique de certains assemblages, ou la simple prudence face à un risque identifié. Un traitement raisonné est alors utile.

> Dossier Choix durable des châssis

Choix d'un traitement par modification du bois

Les bois peuvent également être traités thermiquement (bois rétifiés, carbonatation partielle) pour en améliorer le comportement et la durabilité.

La modification du bois peut être réalisée par plusieurs techniques :

  • L'imprégnation par des résines, ou extrusion de monomères comportant une charge importante de fibres de bois, pour créer des matériaux composites bois-plastique : ces techniques sont plus proches de l'industrie du plastique que de celle du bois. Il s'agit de matériaux performants et bien protégés des attaques du bois, mais qui ne cadrent pas avec une démarche d'éco-construction (pour des raisons de limitation importante de la possibilité de recyclage, ainsi que pour cause de pollution).
  • La modification chimique du bois le rendant « impropre à la consommation » : acétylation (procédé basé sur une réaction du bois avec de l'anhydride acétique, peu polluant et sans effet sur les possibilités de recyclage du bois) et furfurisation (traitement avec de l'alcool furfurique, par autoclave). L'acétylation ne modifie pas la couleur du bois, tandis que la furfurisation lui donne une teinte brun doré.
  • La pyrolyse (procédés Plato®, Stelac®, Bois perduré®, Thermowood® ou Bois Rétifié®) : torréfaction du bois et modification définitive, sous contrainte thermique, de certaines de ses substances. Une modification de certaines propriétés physiques du bois est inévitable : la couleur vire au brun plus moins foncé, la capacité d'absorption d'humidité de l'air est réduite, tandis que celle d'eau liquide est augmentée, la résistance au poinçonnement, à la flexion et l'aptitude au collage sont pénalisées. La corrosion des métaux en contact est également plus rapide. Par contre, la stabilité dimensionnelle du bois est accrue. Cette technique est essentiellement utilisée pour des menuiseries intérieures et extérieures, et ne se rencontre pas pour les bois de structure, car elle ne s‘applique de façon économiquement intéressant que pour des bois de section modeste.
  • L'oléothermie (procédés ECOTAN ou OHT) : il s'agit également d'un traitement thermique, mais par trempage du bois dans un bain d'huile végétale chaude (180- 220°C), et qui s'accompagne donc d'une imprégnation sans agent biocide. Comme la pyrolyse, le principal intérêt, outre l'aspect préventif, est la stabilité dimensionnelle qu'acquiert le bois. On déplore cependant une réduction des performances mécaniques : modules de rupture réduits de 30% et résistance au poinçonnement réduite de 50%. Ces techniques sont essentiellement utilisées aujourd'hui pour les bois de bardage et les meubles de jardin.

Choix d'un traitement naturel ou chimique

On distingue :

  • Produit chimique  : produit de synthèse, fabriqué artificiellement. En terme d'éco-bilan, le produit chimique étant fabriqué, il est généralement plus énergivore et consommateur de ressources que le produit naturel.
  • Produit naturel  : produit présent comme tel dans la nature, qu'il soit à base de matières premières d'origine minérale, végétale ou animale ; il est souvent moins disponible et donc plus cher.

En termes de toxicité, l'origine du produit n'a pas d'impact : un produit naturel peut être plus toxique qu'un produit chimique.

On notera qu'en général un traitement dans la masse des bois n'est pas utile. Les insectes attaquant toujours le bois par l'extérieur, un traitement de surface (de toutes les faces, y compris les abouts) est suffisant. Il utilise 10 à15 fois moins de produit toxique.

Le tableau ci-après reprend une liste non exhaustive de quelques produits de préservation naturels et de leurs limitations d'usage, qui doivent également être pris en considération

Type de traitement naturelLimitations d'usage
Huile de cire ou de lin
  • non toxique
  • ne protège pas des insectes et champignons – empêche la pénétration
  • s'applique en surface
Sel de bore
  • présente une certaine toxicité, mais pas pour les vertébrés
  • usage exclusivement intérieur – lessivable
  • uniquement efficace contre les champignons
  • s'applique en badigeon ou dans la masse
  • est présent dans la laine de cellulose
Créosote (hydrocarbure naturel)
  • présente une grande toxicité
  • usage exclusivement extérieur – toxique
  • non renouvelable
  • aspect brunâtre

Source : La Nature Ma Maison – Confort et santé – fiche 29b - 11/05/2007

Les vernis peuvent faire l'objet d'une labellisation qui peut nous orienter sur l'impact sanitaire des différents produits (voir le point « Labels matériaux » ci-avant).

Selon la technique utilisée ;

  • les possibilités de recyclage du bois peuvent être perdues (l'imprégnation par des résines crée des matériaux composites bois-plastique)
  • les performances mécaniques peuvent être altérées (résistance au poinçonnement ou à la flexion par exemple)
  • ou encore la couleur du bois peut être modifiée.

Rénovation

S'il est fait usage de bois de réemploi, on veillera à ce qu'il ne soit pas traité chimiquement au moyen de produits fortement toxiques (arsenic) ou aujourd'hui proscrits (PCP, lindane).

Projet Biplan

?Illustratie41: Project Biplan – Batex [055] – Bron: Architecten Bxleco1 en FHW? Batex [ 055 ] – Source architectes Bxleco1 et FHW

Exemple : du bâtiment exemplaire ‘Rue du Biplan'

Ces logements collectifs passifs ont été conçus avec une attention particulière pour le choix des matériaux.

On notera notamment la mise en œuvre

  • D'une ossature bois
  • D'une isolation mixte de panneaux de fibre de bois et de cellulose insufflée :
    • Les panneaux sont rainurés languetés à enduire, d'une épaisseur de 8 cm minimum pour supporter la pression due à l'insufflation de cellulose.
    • Ce système permet d'éviter les ponts thermiques de l'ossature bois.
  • De châssis en eucalyptus FSC lamellé-collé
  • D'enduits extérieurs naturels, à base de chaux hydraulique, sur fibres de bois.
  • De plaques de finition intérieures en gypse et cellulose mélangées (fermacell) : Produit fabriqué à partir d'une filière de recyclage ; les plaques ont été commandées à bonne longueur pour éviter les déchets sur chantier et améliorer la rapidité de mise en œuvre.

Structure bois du projet Biplan

figure42.jpg Batex [ 055 ] – Source architectes Bxleco1 et FHW

Les colles

Les colles synthétiques les plus répandues sont à base de formol. Le dégagement de formaldéhyde qui en résulte est irritant et cancérigène. Utilisées pour la fixation de revêtements de sol, elles continuent d'émaner leurs substances toxiques à travers celui-ci.

Les bois lamellés-collés, les panneaux de contre-plaqué et les panneaux de particule en contiennent des quantités plus ou moins importantes. On veillera à les éviter en favorisant le bois plein ou à les choisir sans formaldéhyde et sans isocyanates.

Les colles d'origine naturelle sont à base de caséine, de cires, de latex naturel ou de résine de bois. Les solvants utilisés sont de l'eau, des huiles essentielles ou de l'essence de térébenthine. Le risque allergène de la térébenthine est variable selon l'origine géographique et l'âge des résines. Ces colles sont peu voraces en énergie lors de leur fabrication, sans risques pour la santé, mais sont moins résistantes que les colles synthétiques.

Les colles à papier peint sont à base d'éthers de cellulose qui ressemblent chimiquement à la cellulose naturelle. Elles n'ont pas d'impact réellement identifié sur la santé.

Une alternative à envisager est donc la fixation mécanique des éléments à placer :

  • Pour les tapis et moquettes, envisager une pose libre, sur bandes auto-agrippantes, ou tendue. Ces systèmes permettent en outre un démontage et remplacement aisés. Ils ne seront envisageables que dans certains cas, selon la taille de la pièce, le dossier du revêtement, et l'expérience des poseurs.
  • Dans le cas des parquets, qu'ils soient massifs, multi-couche ou stratifiés, on préfèrera la pose flottante et les emboîtements plutôt que les colles. Ils permettront aussi un recyclage plus aisé.

On évitera donc l'utilisation de colles en favorisant les fixations mécaniques. Si l'utilisation de colle est inévitable, limiter les effets nocifs en choisissant :

  • De préférence, des colles à base d'amidon, solubles dans l'eau (essentiellement pour la mise en œuvre de revêtements muraux)
  • Sinon, des colles à dispersion aqueuse (polyols, esters d'acides gras, résines liquides…) à la place de colles avec solvants
  • En outre, limiter les effets nocifs des colles composant des produits type panneaux de particule ou de fibres de bois en choisissant exclusivement des panneaux de classe E1

D'autre part, on favorisera des colles bénéficiant d'un label démontrant leur faible toxicité.

Les peintures

Des informations quant aux polluants pouvant être trouvés ou évités dans les peintures sont disponibles dans le dispositif | Peinture du dossier | Choix durable des revêtements de murs intérieurs et plafonds.

Mis à jour le 25/01/2018