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Dossier | Offrir des habitats pour la faune

Offrir des habitats pour la faune

Source: klaaskuiken.nl

Dans tout projet de rénovation ou de construction d'un bâtiment en milieu urbain, la protection d'habitats en présence et l'intégration d'habitats de substitution doit faire l'objet d'une analyse minutieuse.

Ce dossier aborde l'intégration de nichoirs à oiseaux et d'abris à chauves-souris principalement au niveau des bâtiments. Il envisage également les différentes possibilités d'aménagements pour batraciens et reptiles, et les possibilités d'implantations de nichoirs à insectes et d'abris pour mammifères protégés aux abords de ces bâtiments.

Enjeux

La densification du milieu urbain et ses impacts sur les milieux naturels (fragmentation, imperméabilisation, températures plus élevées, pollution de l'air et du sol importante, pollution lumineuse,...) sont peu favorables au développement de la biodiversité.

Par ailleurs, les exigences en matière d'énergie ainsi que l'usage accru de matériaux tels que le béton ou le verre, engendrent des bâtiments lisses et dépourvus de la moindre anfractuosité, interstice ou fente qui offrent pourtant des capacités d'accueil à une certaine faune (espaces sous corniche, trous et failles dans les murs, aménagement de trous de boulin, espaces sous les tuiles...). 

Même des espèces qui s'étaient peu à peu acclimatées aux conditions de la ville ne trouvent plus de refuge et tendent à disparaître. Par exemple, l'hirondelle des fenêtres, espèce qui vient nicher jusqu'au cœur des grandes villes, construit son nid à l'aide de petites boulettes de terre à l'extérieur des bâtiments sous les avancées de toit, débordants de fenêtre ou balcons. Cette espèce souffre cruellement de la destruction de son nid (pourtant interdite par la loi) et peine à trouver la boue indispensable à la confection de son nid suite à l'imperméabilisation croissante de nos centres urbains. Après avoir frôlé la disparition de la capitale à la fin du 20ème siècle, l'hirondelle des fenêtres connaît un regain de son nombre d'individus grâce à diverses actions menées dans la région.

Des chiffres préoccupants

En Région de Bruxelles-Capitale, environ 50% des mammifères, 30% des oiseaux, 75% des reptiles et amphibiens et 30% de la flore sauvage sont vulnérables ou menacées.

Cette biodiversité de proximité (comme l'hirondelle de fenêtre, le moineau domestique, les mésanges, le rougequeue noir, le martinet noir, le crapaud commun, les chauves-souris, le hérisson, les insectes,...) peut toutefois être préservée au moyen d'aménagements simples.

La Région, dans son Plan Nature, « prévoit de renforcer la cohérence du réseau écologique en rétablissant une bonne connectivité entre les différentes zones et en leur sein afin de garantir la possibilité pour les espèces de se déplacer d'une zone à l'autre selon leurs besoins (recherche de nourriture, reproduction, migration, etc.). » Ainsi, même si Bruxelles est déjà qualifiée de ville verte, le défi actuel est de rendre ces espaces verts fonctionnels pour la biodiversité en améliorant la qualité des écosystèmes et en les connectant entre eux. Il est donc indispensable d'intégrer tout projet architectural ou d'aménagement dans cette dynamique afin de pallier le manque de corridors et de sites relais et ainsi contribuer au développement du réseau écologique régional en créant des zones accueillantes pour la nature ! 

Hirondelle de fenêtre

Hirondelle de fenêtre

© Estormiz / wikimedia.org

Il convient toujours, tant que faire se peut, de conserver ou de créer des surfaces d'habitats naturels offrant à la flore et à la faune des espaces où se développer de manière spontanée (voir dossier Favoriser la biodiversité).

Néanmoins, certaines espèces sont devenues dépendantes des bâtiments et il faut donc également leur créer des habitats favorables à leur développement. Par ailleurs, lorsqu'il n'est pas possible de réserver des espaces pour la nature (par exemple en milieu dense) il faut étudier la faisabilité d'offrir des habitats à la faune, notamment en intégrant certains dispositifs au bâti.

Dans ce dossier, on désignera :

  • les habitats pour oiseaux par nichoirs,
  • les habitats pour chauves-souris et autres mammifères par abris,
  • les habitats pour insectes par nichoirs,
  • les habitats pour batraciens et reptiles par aménagements,
  • les habitats pour mammifères autres que chauves-souris par abris.

Les habitats pour batraciens et reptiles ne concernent, eux, que les milieux naturels ; ils ne seront donc pas directement liés au bâti mais à des aménagements de ses abords (mare, étang,...).

Démarche

Le bâti du siècle dernier intégrait de manière inconsciente des espaces favorables au développement d'une certaine biodiversité. Cette biodiversité est aujourd'hui menacée par le développement des nouvelles méthodes et techniques constructives. La démarche présentée dans ce dossier n'a pas pour objectif de préconiser un retour vers les anciennes méthodes de construction mais de proposer des solutions pour intégrer des dispositifs permettant de substituer cette perte d'habitats pour la faune et la flore de la Région.

Il est important de garder à l'esprit que la biodiversité doit, au même titre que d'autres aspects du développement durable, être prise en compte dès les prémices d'un projet de construction.

Trois axes peuvent être explorés lorsqu'il s'agit d'évaluer et de développer les capacités d'accueil que peut offrir un bâtiment:

  1. la végétalisation des façades (voir dossier Réaliser des façades vertes ),
  2. la végétalisation des toitures (voir dossier Réaliser des toitures vertes ),
  3. les aménagements cavernicoles (dont il est entre autres question dans ce dossier).

Ce dossier présente également les différentes possibilités d'intégration d'habitats pour batraciens et reptiles, insectes et autres mammifères au niveau de la parcelle.

Tout projet doit inclure la biodiversité en adoptant en premier lieu une stratégie de conservation de l'existant. Si certains habitats ne sont pas dans un état de conservation suffisant, des stratégies de restauration devront être mises en œuvre. une fois qu'est faite la vérification concernant les habitats existants, le projet pourra s'orienter vers des stratégies de création d'habitats de substitution.    

La démarche ne se veut pas exhaustive mais permet d'établir les principes de base à respecter pour faire d'un projet de construction à l'échelle locale une maille de la trame verte écologique à l'échelle régionale.

Les étapes de conception proposées dans ce dossier s'inscrivent dans cette démarche :

  1. Se faire accompagner d'un expert,
  2. Identifier si le projet se trouve en zone protégée,
  3. Protéger les habitats et les espèces en place,
  4. Identifier les habitats de substitution à offrir,
  5. Concevoir les habitats de substitution,
  6. Assurer l'accès à la nourriture,
  7. Assurer des connexions entre les habitats.

Et pourquoi pas vous?

Tous les projets de rénovation ou de construction à Bruxelles sont des magnifiques occasions d'accueillir les espèces en recul mais qui font partie de la mémoire collective à Bruxelles.

Outre l'analyse fine à réaliser pour identifier les espèces à accueillir et les habitats à offrir, retenons que partout à Bruxelles, même en plein centre, il est fortement recommandé d'intégrer dans tous les projets :

  • des nichoirs ou «  mussenvide  » pour accueillir les moineaux,
  • des abris pour les pipistrelles,
  • des hôtels à insectes.

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Mussenvide intégré à une toiture existante: dispositif pour accueillir les moineaux dans un bas de versant de toiture inclinée (Source: Mussen in Damme - Blog )

Notions

mis à jour le 13/02/2017

N° de Code : G_NAT04 - Thématiques : Développement de la nature - Composants du projet liés : Mur extérieur | Toiture | Abords | Faune