Dossier | Construire réversible et circulaire

Réversibilité spatiale

La réversibilité spatiale défini la capacité d'un bâtiment à être adapté et transformé pour mieux répondre aux changements sociétaux et fonctionnels sans provoquer de grands travaux de reconstruction, de démolition et de perte de matériaux.

Il est important d'anticiper :

  • les évolutions d'usages et d'occupations futures du bâtiment ;
  • les extensions potentielles.

Pour cela, il est conseillé de développer différents scénarios d'utilisation du bâtiment dès la programmation et la première esquisse.

Les principes de conception qui sous-tendent la réversibilité spatiale sont :

  • prévoir une dimension suffisante aussi bien au niveau du bâtiment, des espaces que des hauteurs sous-plafond ;
  • Opter pour un concept structurel qui permet différents types d'utilisation de l'espace (type plan libre)
  • réfléchir à la position des éléments fixes du projet ;
  • tenir compte du futur désassemblage des éléments du projet ;
  • considérer les capacités porteuses et techniques des futurs projets.

Dimensions 

La conception de bâtiments à forte capacité de transformation commence par la prise en compte des capacités spatiales des différentes typologies de bâtiments. Pour s'accommoder autant que possible aux changements fonctionnels, il convient de :

  • prévoir une dimension suffisante au projet (possibilité de subdivision) ;
  • prévoir un rapport profondeur du bâtiment / hauteur sous plafond suffisant (accès à la lumière naturelle) ;
  • prévoir une hauteur suffisante à tous les étages :

    • Hauteur sous plafond idéale ≥ 3,3m ;
    • Exemple de dimension de dalle à dalle (en fonction de la structure porteuse) :

      • Pour les écoles : ≥ 4,5m (dalle) ou ≥ 4,2m (poutres)
      • Pour des bureaux : ≥ 4,2m (dalle) ou ≥ 3,9m (poutres) ;
  • prévoir des dimensions de fenêtre suffisantes (accès à la lumière naturelle) ;
  • éviter les éléments structurels trop rapprochés ;
  • prévoir les dimensions des espaces / pièces suffisantes (pour permettre l'adaptation, division et réorganisation des espaces) ;
  • prévoir des dimensions suffisantes pour les portes et couloirs ;
  • prévoir des dimensions suffisantes pour les cages d'ascenseur ;
  • prévoir des distances maximales aux points de circulation verticale (comme les cages d'escaliers et d'ascenseurs).

En résumé, lors de la conception d'un bâtiment transformable, la dimension des éléments fournit une information sur la capacité spatiale et la compatibilité des organisations et fonctions spatiales.

*** Voir étude de cas sur transformation de bureau en logement ***

Position

Le regroupement des éléments du noyau (cage d'escalier, ascenseurs, ...) du bâtiment est essentiel pour minimiser le nombre de parties fixes du bâtiment qui pourraient constituer une barrière lors de la transformation. Pour répondre aux différentes fonctions futures (utilisation flexible de l'espace), il est important de :

  • prévoir un concept structurel qui soutien différents types d'utilisations (idéalement en plan libre) ;
  • regrouper les points structurels, gaines techniques etc. (limiter le nombre de points fixes différents) ;
  • positionner les éléments fixes suivant une trame ; 
  • positionner les gaines techniques horizontales (centrale, périphérique , off - center).

Désassemblage

Cet indicateur analyse la décomposition fonctionnelle au niveau des différents éléments du bâtiment et s'il est possible de démonter la façade, le plancher, le toit, les cloisons et les services indépendamment les uns des autres pendant le processus de transformation sans affecter les autres parties fonctionnelles du bâtiment.

Capacité

L'adaptation du bâtiment à d'autres fonctions, ainsi que son extension verticale et horizontale, dépend de la capacité porteuse (de la structure) et technique (comme la dimension des gaines ou conduits de ventilation). Il faut donc envisager pour les usages futurs : 

  • la capacité de la structure porteuse (y compris dalle de sol) à accommoder des changements de fonctions ;
  • la capacité de la structure porteuse en relation avec une extension horizontale ;
  • la capacité de la structure porteuse en relation avec une extension verticale ;
  • la capacité de la distribution verticale des techniques ;
  • la capacité verticale des noyaux de circulation.

Attention : la conception de bâtiments transformables ne privilégie pas la surcapacité de l'ensemble des services (surdimentionnement) pour une utilisation future potentielle, mais est en faveur d'ajouts futurs de modules d'extension. Cela signifie que d'éventuels ajouts modulaires (notamment structurels) d'installations devraient être possibles.

Pour en savoir plus sur une évaluation quantitative de la réversibilité spatiale voir dispositif | Outil de réversibilité

Autres points d'attentions

En complément des 4 grands principes décrits ci-avant, il convient de considérer :

  • l'indépendance et la relation entre les espaces ;
  • l'accessibilité des techniques ;
  • l'échangeabilité d'éléments variables.

Concevoir les éléments qui sont les plus amener à être déplacés, adaptés ou transformés de telle façon qu'ils puissent être facilement remplacés. Il est pour cela par exemple important de systématiser les dimensions et les systèmes de connexion pour qu'une interchangeabilité des éléments de parois, de façade ou autre dans différentes partie du bâtiment soient possible. Sur ce point, l'économie circulaire passe donc par une rationalisation des méthodes de construction.

Exemple Rue Stuckens

La flexibilité de la construction débute lors du choix d'une implantation appropriée : une bonne accessibilité des magasins, la présence de transports en commun, etc.

Dans cet exemple, l'espace au niveau des caves est utilisé pour y installer un bureau. Le rez-de-chaussée et le premier étage seront occupés par un couple. Les locaux au-dessus peuvent être loués.

Cette configuration permet une occupation optimale du bâtiment. Si la famille s'étend, les pièces louées peuvent être réappropriées progressivement. Plus tard encore, ce logement peut parfaitement être adaptable à un mode de cohabitation "kangourou", un jeune couple et un couple plus âgé se partageant alors les espaces.

Il est important, dès la conception, d'équiper chaque module de vie de ses propres sanitaires et d'une cuisine. L'impact écologique d'un habitat choisi pour la durée d'une vie entière est nettement plus faible que lorsqu'on change de bâtiment à chaque phase de l'existence. En effet, une nouvelle habitation implique généralement le réaménagement des espaces en fonction des besoins, ce qui entraîne souvent des travaux de démolition et l'utilisation de nouveaux matériaux.

Exemple de réversibilité spatiale

Rue Stuckens, architecte : FHW architectes

Retrouvez d'autres exemples dans nos études de cas :

Etude de cas | Clos Dupont

Réversibilité technique

mis à jour le 11/06/2020

N° de Code : G_MAN08 - Thématiques : Gestion du projet, chantier, bâtiment