Elements de choix durable

Synthèse des éléments de choix durable

Aspects environnementauxAspects sociaux culturels Aspects financiers
Favorable à la biodiversitéEnergie griseFacilité de prise en mainAdaptation aux PMRInvestissement initialProduction et rentabilitéCoût opérationnel & entretien
Dispositifs de production
Cultures surélevéesOUIMoyenneFacile OUIMoyen MoyenneMoyen
Cultures en pleine terreOUIFaibleFacileNONFaibleElevéeMoyen
Cultures en façadeOUIMoyenneMoyennement difficileOUIMoyenMoyenneMoyen
Cultures sur sol reconstitué en toitureOUIForteFacileNONElevéElevéeMoyen
Cultures en caveNONMoyenneDifficileOUI1MoyenElevéeMoyen
SerresOUIForteMoyennement difficileOUI1ElevéElevéeMoyen
HydroponieNONForteDifficileOUI1ElevéElevéeElevé
AquaponieOUI/NONForteDifficileOUI1ElevéElevéeElevé
Dispositifs annexes
CompostOUIFaibleFacileOUIFaible à moyen//
Systèmes d'irrigation/ForteMoyennement difficile /Moyen//

[1] Si surélevé

⚫ : Impact positif✓ : Impact moyennement positif✗ : Impact négatif⚊ : Sans objet

Aspects environnementaux

Favorable à la biodiversité

L'agriculture urbaine favorise la réintroduction de la faune et de la flore dans des espaces souvent minéralisés. Selon les modèles d'agriculture urbaine choisis, les espèces cultivées favorisent la présence de pollinisateurs et autres insectes. Par ailleurs, la création de zones naturelles au cœur des villes permet aux espèces animales de s'y protéger, reproduire et nourrir.

Il faut garder à l'esprit le fait qu'un système agricole diversifié a un impact favorable sur la biodiversité, en permettant la culture de variétés diverses et en créant des abris pour la faune (insectes, petits mammifères, etc.). Par ailleurs, cette biodiversité favorise les processus naturels et fournit des services écosystémiques importants, tels que la pollinisation, la lutte naturelle contre les ravageurs, la décomposition de la matière organique et la contribution aux processus de formation des sols. Par ailleurs, l'agriculture urbaine peut favoriser la diversité génétique en favorisant la réintroduction de variétés anciennes, différentes des variétés couramment cultivées.

Les cultures en façade seront par exemple un lieu idéal pour que certaines espèces d'oiseaux installent leurs nids.

Les cultures en cave, systèmes hydroponiques ou aquaponiques de type indoor, sont plus déconnectées de l'environnement extérieur et ont donc une influence moins importante sur la biodiversité locale. Lorsque ces systèmes sont connectés à l'environnement extérieur, comme c'est le cas pour certains systèmes aquaponiques, ils sont favorables au développement de la biodiversité.

Le compost est quant à lui le lieu de vie de nombreux organismes du sol (champignons, lombrics, insectes, etc.). Favoriser l'utilisation du compost en tant qu'engrais permet d'éliminer la dépendance aux engrais synthétiques, ce qui a un impact positif sur la biodiversité locale.

Par ailleurs, la présence d'agriculture urbaine contribue au maillage vert de la ville.

Energie grise

Il faut mentionner au préalable que l'agriculture urbaine a un impact très positif sur le bilan carbone des aliments produits, puisque ces cultures ne nécessitent plus de transports longs et polluants pour l'acheminement vers les villes. L'énergie liée à la production des dispositifs d'agriculture urbaine est néanmoins très variable d'un système à l'autre. Il est possible dans presque tous les cas de limiter l'impact des projets en termes d'énergie grise en favorisant le réemploi de matériaux, structures ou substrats existants et disponibles de façon abondante en ville.

Les systèmes d'irrigation, serre, hydroponie et aquaponie nécessitent un investissement matériel initial important et pour cela sont les dispositifs dont le bilan en énergie grise est le plus négatif. De même, les cultures sur sol reconstitué en toiture nécessitent la mise en place de différentes couches pour assurer l'étanchéité de la toiture et la récupération des eaux de pluie ce qui impacte le bilan en énergie grise de ce type d'agriculture urbaine.

Les cultures surélevées sont généralement effectuées à partir de bois, sacs en géotextile, pierre ou  terre cuite dont l'énergie grise est restreinte surtout si ces éléments sont récupérés.

Plus d'informations dans le dispositif | cultures surélevées > Réemploi de contenants.

Les cultures en façade, peuvent être avantageuses en terme d'énergie grise dans le cas de treillis en bois ou défavorables dans le cas de structures métalliques.

Les cultures en pleine terre et le compost ont un bilan positif en énergie grise car ils ne nécessitent que peu d'investissement dans les infrastructures de production, mise à part l'outillage ou l'origine du substrat.

Aspects socio-culturels

Facilité de prise en main

L'appropriation des techniques par les occupants dépend souvent du niveau de technicité exigé pour la mise en place et la maintenance des différentes formes de projets.

Les formes d'agriculture urbaine telles que les cultures en pleine terre, les cultures surélevées ou les cultures sur sol reconstitué en toiture nécessitent des connaissances développées en maraîchage mais sont plus accessibles du point de vue de la technicité des infrastructures, contrairement aux formes d'agriculture urbaine telles que les productions en cave, l'hydroponie et l'aquaponie, qui nécessitent une maîtrise plus fine des aspects technologiques. Par ailleurs, ces techniques nécessitent une maîtrise importante des infrastructures et des mesures qui doivent être prises pour l'entretien des appareils, ce qui rend le travail peu accessible à une personne novice. Ce type d'installation sera donc généralement lié à une activité professionnelle ou pris en charge par une personne compétente.

Les serres nécessitent également une certaine maîtrise technique : système d'aération et de ventilation, entretien de la structure.

La gestion d'un compost nécessite un apprentissage de base dans la gestion quotidienne d'un tel dispositif. Ces connaissances sont facilement accessibles, via notamment les formations qui existent et les asbl impliquées sur cette thématique.

Adaptation aux personnes à mobilité réduite

L'agriculture urbaine n'est pas toujours adaptée à l'ensemble des publics. Lorsque les espaces de culture sont situés au niveau du sol (cultures en pleine terre, cultures sur sol reconstitué en toiture), ils ne sont pas exploitables par des personnes à mobilité réduite ou des personnes souffrant de maux de dos et seront peu adaptés aux personnes âgées.

Lorsque le projet intègre différents types de public, les cultures surélevées ou les cultures en façade, sont à favoriser. Les cultures en cave, les systèmes hydroponiques ou aquaponiques sont accessibles à condition de les surélever par rapport au sol. La hauteur appropriée dépend du profil du public : pour une personne se déplaçant en fauteuil roulant, le bac doit arriver à portée de main. Pour les personnes âgées, prévoir des bacs compatibles avec un jardinage debout.

Les composts sont quant à eux généralement surélevés par rapport au sol. Il faut cependant garder à l'esprit que l'entretien du compost inclut des travaux de retournement du tas de compost (oxygénation du compost) qui n'est pas toujours adapté à tout type de public.

Des aménagements supplémentaires sont à prévoir :

  • éviter les allées gravillonnées ;
  • éviter les revêtements lisses au sol qui peuvent causer des chutes chez les personnes âgées ;
  • rampes d'accès ;
  • rambardes solides.

Aspects financiers

Investissement initial

Les investissements à réaliser varient en fonction de la forme d'agriculture urbaine mise en place et des caractéristiques de l'environnement du projet. De plus, s'ajoutent les investissements nécessaires à la mise en conformité des lieux et des zones d'accessibilité. Il faut également prendre en compte la superficie de l'espace à exploiter qui influence les coûts.

Les cultures en pleine terre nécessitent des investissements restreints, liés à la préparation des sols et des cultures (amendements, engrais, semences, plants, etc.), aux systèmes d'irrigation et à l'outillage. Des coûts supplémentaires peuvent survenir s'il est décidé d'intégrer des espaces de rangement de l'outillage.

Les investissements liés aux cultures surélevées dépendent des matériaux utilisés pour constituer les bacs de culture. Idem pour les cultures en façade dont le budget est dépendant du type de support choisi et du système d'irrigation.

Pour les cultures sur sol reconstitué en toiture, il faut prévoir une mise en conformité importante de la toiture et plus particulièrement s'assurer que le revêtement est étanche et adéquat à ce type de culture. Ceci représente un coût d'investissement non négligeable, qui dépend également de la surface à traiter. Il faut également prévoir une couche importante de substrat sur une grande partie de la toiture, ce qui peut générer des coûts importants en fonction du type de substrat choisi et de la surface à couvrir.

En ce qui concerne les cultures en cave, ces coûts sont modérés : lampes LED (pour certaines cultures), système de ventilation, etc. Néanmoins ces cultures peuvent venir concurrencer d'autres affectations des caves (rangements, garage) ce qui a aussi un impact financier sur le projet.

Les systèmes hydroponiques et les systèmes aquaponiques nécessitent un investissement initial important : bacs de culture (et/ou d'élevage), pompes, filtres, lampes LED (si les cultures se font en indoor), etc. Il en est de même pour les serres, dont le coût dépend des matériaux constitutifs.

Les coûts liés au compost sont réduits dans le cas de réemploi de matériau existants, mais peuvent être plus importants en fonction de la technique utilisée (tamis, broyeur, vers, etc.).

Production et rentabilité

Le rendement des productions est fortement dépendant des conditions environnementales et du soin apporté aux cultures (irrigation, entretien). En-dehors de cela, les systèmes dits hors sol tels que l'hydroponie ou l'aquaponie donnent généralement des rendements plus élevés que des cultures en pleine terre ou en bacs. Cela s'explique notamment par les conditions contrôlées dans lesquelles les espèces sont cultivées et la présence moins importante voire nulle de ravageurs.

Les cultures en pleine terre ou sur sol reconstitué en toiture ont également des rendements importants. L'utilisation d'une serre permet d'augmenter les productions et de rallonger la période de culture de certaines espèces.

Les techniques de production en cave ont également des rendements très intéressants pour les cultures ou élevages qui y prennent place, et ce sur des surfaces au sol peu élevées.

En termes de rentabilité, les revenus liés aux rendements de ces différentes techniques doivent être mis en parallèle avec leur coût d'investissement initial et le coût de maintenance. Les cultures hors sol de type hydroponie ou aquaponie incluent des investissements initiaux et de maintenance conséquents, impactant directement la rentabilité qui en découle.

Coût opérationnel et entretien

Un entretien régulier des espaces de culture doit être réalisé (irrigation, gestion des maladies, semis, taille, récolte, etc.). Cet entretien peut être réalisé par les habitants de l'immeuble ou le professionnel en place.

Dans le cas de systèmes plus techniques tels que les cultures en cave, l'hydroponie ou l'aquaponie, le coût opérationnel est plus élevé car il inclut le fonctionnement quasi continu de systèmes électriques/électroniques (éclairage, pompes, bulleurs, ventilateurs, etc.). Ces coûts peuvent notamment être réduits via l'utilisation de lampes LED au lieu des lampes horticoles classiques.

L'utilisation d'une serre nécessite un certain entretien, entre autres pour le nettoyage de la verrerie, nécessaire pour maximiser l'apport lumineux. Cet entretien pourra être réalisé par une entreprise spécialisée, générant des coûts d'entretien.

Ces coûts opérationnels et d'entretien sont à mettre en parallèle avec le type d'activité mis en place. En effet, dans le cas d'une activité professionnelle, ces charges sont généralement gérées par le professionnel en place.

Mis à jour le 13/06/2019