Bâtiment et abords

Le bruit se propage sous forme d'ondes qui peuvent être « déviées » par des obstacles (écrans antibruit, murs de bâtiments existants ou du nouveau projet), « absorbées partiellement » (écrans antibruit ou façades avec propriété absorbants, silencieux), « cloisonnés et atténuées » dans des locaux techniques.

En cas de rénovation, le placement d'un écran antibruit doit faire l'objet, non seulement d'une étude acoustique mais également de l'analyse de l'impact sur la stabilité du bâtiment et l'éventuelle ombre portée sur le voisinage.

Diverses solutions prises dès l'esquisse et l'avant-projet vont permettre d'éloigner le bruit ou de l'atténuer à sa source :

  • Implantation et volumétrie des bâtiments
  • Emplacement des sources de bruits et des zones sensibles
  • Profil des façades
  • Ecrans acoustiques

Implantation et volumétrie des bâtiments

L'implantation des bâtiments, les uns par rapport aux autres, joue un rôle acoustique important. Afin de garantir une propagation ou un impact minimum du bruit, plusieurs solutions pourront être envisagées :

  • Promouvoir les fronts continus et les façades mitoyennes en mettant ainsi en place un écran contre le bruit. On dégage ainsi des espaces calmes à l'arrière du bâti. Cette disposition doit s'accompagner d'une réflexion sur l'architecture du bâtiment et la distribution interne des pièces car une façade reste exposée au bruit : porches pour le passage des véhicules, chambres côté calme, etc.

Impact des façades mitoyenne sur l'acoustique d'un quartier. Mise en place d'un écran contre le bruit et de façades calmes

figure9ab.jpg (source : Plan local d'urbanisme & bruit, la boîte à outils de l'aménageur, Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, France)

  • Adapter la hauteur des bâtiments aux conditions de propagation du bruit (bâtiments écran ou épannelage). Des bâtiments plus élevés et affectés à des fonctions moins sensibles en bordure d'une source de bruit (une autoroute par exemple) constituent également un moyen efficace de protéger des bâtiments moins hauts et plus sensibles à l'arrière, ces derniers étant par voie de conséquence plus éloignés aussi de la source de bruit. Il faudra néanmoins éviter un bâtiment haut dans une voirie en U, celui-ci pouvant alors favoriser la réverbération du bruit.

L'épannelage consiste à ce que les hauteurs minimales augmentent en fonction de la distance à la source de bruit, chaque bâtiment protégeant l'autre.

figure10a.jpg (source : Plan local d'urbanisme & bruit, la boîte à outils de l'aménageur, Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, France)

figure10b.jpg (source : Plan local d'urbanisme & bruit, la boîte à outils de l'aménageur, Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, France)

Emplacement des sources de bruits et des zones sensibles

En ce qui concerne l'organisation interne du bâtiment, il faudra veiller à regrouper les fonctions bruyantes entre elles (séjour, cuisine, salle de sport, réfectoire, etc.) et à les placer à proximité des environnements plus bruyants. A contrario, les fonctions nécessitant du calme (chambres, locaux de cours, etc.) seront placées là où il y a l'ambiance sonore est plus favorable. Ainsi dans un immeuble de logements multiples, il faudra éviter de placer des séjours ou des salles d'eau au-dessus de chambres à coucher. Si ces solutions ne sont pas envisageables, des zones tampons ou intermédiaires seront intercalées (zones de recul, couloir, bow-windows, etc.)

Au niveau de l'emplacement d'installations techniques bruyantes, les recommandations vise à essayer autant que possible :

  • d'éloigner la source de bruit des riverains. Pour une source ponctuelle de bruit, un doublement de la distance correspond à une réduction de 6dB(A)  (la réduction est de 3 dB(A) pour une source linéaire);

Impact de l'éloignement d'une source de bruit de type voirie (source acoustique de type linéaire)

figure13.jpg (source : Plan local d'urbanisme & bruit, la boîte à outils de l'aménageur, Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, France)

  • de placer les installations techniques les plus bruyants le plus haut possible par rapport aux riverains à protéger (placer hors de la vue) ;
  • de profiter d'obstacles existants (murs, écrans, locaux) comme écrans antibruit (principe : mettre les riverains le plus bas possible dans la zone d'ombre des écrans antibruit) ;
  • de tourner le côté bruyant des équipements du côté opposé aux riverains, vers les zones les moins sensibles, pour autant qu'il n'y ait pas de parois réfléchissantes proches ;
  • de profiter des « effets de masque » que le bruit ambiant existant (hors installation) peut apporter (un axe routier, par exemple).

Deux situations extrêmes, dans le cas d'installations techniques :

  • cas toujours favorable : implantation des installations dans des locaux techniques fermés (et en toiture pour les installations HVAC);
  • cas toujours défavorable : implantation à l'air libre, en rez-de-chaussée dans des zones calmes, surtout si, en plus, ces zones sont acoustiquement très réverbérantes (ex. : îlots fermés d'immeubles).

Profil des façades

Il sera parfois judicieux d'envisager des modifications de la volumétrie ou l'architecture des façades, en créant de nouveaux volumes en excroissance (tels des balcons, des loggias, des coursives) qui joueront, d'une part le rôle d'écran et de zone tampon contre le bruit pour la façade de l'immeuble concerné et d'autre part, casseront les réflexions et phénomènes de réverbération (source de nuisance pour tout le quartier).

Cette disposition doit s'accompagner d'une réflexion sur le caractère du bâti voisin, les vues sur l'espace extérieur (paysage, etc.) ou encore des contraintes bioclimatiques (ensoleillement, vent, etc.)

Les balcons réfléchissent les ondes sonores incidentes avant qu'elles ne pénètrent les habitations

Illustration 15 : Les balcons réfléchissent les ondes sonores incidentes avant qu’elles ne pénètrent les habitations (vade-mecum du bruit routier urbain IBGE) © vade-mecum du bruit routier urbain, Bruxelles Environnement

Ecran acoustique

Outre la capacité absorbante de ses matériaux, un écran acoustique présente des performances qui dépendront de la longueur d'onde du son ainsi que de la position de la source et du récepteur.

Impact d'un écran acoustique sur la propagation des ondes.

Impact d’un écran acoustique sur la propagation des ondes (Source : Plan local d'urbanisme & bruit, la boîte à outils de l'aménageur, Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, France)

La méthode Maekawa donne l'atténuation en dB d'un écran en fonction des positions respectives entre la source et le récepteur et la longueur d'onde.

Atténuation en dB d'un écran acoustique selon Maekawa (atténuation en fonction des distances d1, d2, d3 en mètres et de la longueur d'onde λ en m). Atténuation en dB d'un écran acoustique selon Maekawa (atténuation en fonction des distances d1, d2, d3 en mètres et de la longueur d'onde λ en m).

Pour assurer l'efficacité de l'obstacle à la propagation du bruit, il faut retenir en particulier que :

  • l'écran antibruit doit être placé le plus proche possible de la source de bruit ;

  • la ligne de vue entre la source et récepteur doit être coupée par l'écran, ce qui permet une atténuation du bruit d'environ 5 à 10 dB(A) ;

  • au-delà de la ligne de vue entre source et récepteur, chaque mètre de hauteur supplémentaire d'écran apporte un gain atteignant 3 à 5 dB(A) lorsqu'il est disposé à proximité immédiate de la source ;

  • l'écran peut être de composition quelconque mais ne peut pas être ajouré et doit avoir une densité minimum de 30kg/m² afin de limiter efficacement le bruit transmis ;

  • un bardage absorbant acoustique (ou semi-absorbant) est dans la plupart des cas nécessaire sur la face exposée de l'écran afin de limiter les effets de réflexion du bruit.

Rappel  : une haie ou un rideau d'arbres est inefficace pour faire obstacle au bruit.

Mis à jour le 01/01/2013