Eléments de choix durable

Synthèse des éléments de choix durable

Le tableau ci-dessous synthétise les différents éléments du choix durable au regard des dispositifs. Pour chacun de ceux-ci, un symbole indique la pertinence relative de chacun des arguments. Dans la mesure où les éléments du choix durable alimentent la réflexion quant à la durabilité du projet, il s'agit bien d'une simple indication, qui de plus doit être interprétée dans chaque situation particulière.

Compatibilité avec une installation existante (rénovation) / facilité de mise en œuvre Impact sur la quantité d'eau de pluie récupéréeImpact sur la qualité de l'eau de pluie récupéréeImportance dans l'installation de récupération d'eau de pluieImpact économique sur le coût de l'installationImpact sur l'entretien
Equipements de collecte
Crépine

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Préfiltre

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5 à 10%

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Stockage
Cuve de décantation

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+/-5%

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Citerne enterrée

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+/-15 à 20%

Citerne de jardin

Equipements de la citerne
Arrivée tranquille

Système d'aspiration

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Système d'aération

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+/-5%

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Trop-plein

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Evacuation à débit régulé

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Pour la gestion des orages uniquement

Pompe

***

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20 à 25%

Post-filtration

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+/-5%

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⚫⚫⚫ : Impact important⚫⚫ : Impact moyen⚫ : Impact faible⚊ : Impact très faible ou nul

Aspects environnementaux

Bilan environnemental de la récupération de l'eau de pluie

Un système de récupération d'eau pluviale est à concevoir dans le cadre d'une approche écologique globale qui dépasse la question de l'eau. L'impact environnemental en termes d'énergie, d'émissions de CO2, de pollution des sols, de l'air et de l'eau, etc., lié à sa production, au transport de ses composants et à son utilisation, peut être supérieur à celui lié à l'approvisionnement en eau de ville.

La récupération d'eau de pluie est une solution environnementale intéressante mais qui peut se révéler contre-productive si des mesures ne sont pas mises en place en amont pour prévenir certaines dérives :

Pour améliorer le bilan environnemental de la récupération d'eau de pluie :

Aspects économiques

D'un point de vue économique, la récupération d'eau de pluie permet de réaliser une économie non négligeable sur les factures d'eau potable. Mais cette constatation doit être relativisée par les frais induits par le fonctionnement de l'installation (consommations électriques des pompes) et les frais d'entretien indispensables à la pérennité des équipements.

Prix de l'eau de distribution et économie potentielle

Dans le calcul du prix des économies d'eau potable réalisées grâce à la récupération d'eau de pluie, un mètre cube consommé inclut le prix de sa potabilisation, de son transfert depuis son lieu de production (coût de la distribution) mais aussi pour la collecte des eaux usées et leur épuration avant rejet (coût d'assainissement).

Ci-dessous on retrouve le tarif applicable dans toutes les communes en Région de Bruxelles-Capitale (prix hors TVA de 6%) :

Prix de l'eau (d'application depuis le 1er janvier 2014)

Prix des consommations d'eau

Tarif domestique des ménages

Distribution

Assainissement communal

Assainissement régional

Prix de l'eau

Tranche 1 - Vitale

de 0 à 15m³/an

1,0756 €/m³

0,5657 €/m³

0,3054 €/m³

1,9467 €/m³

Tranche 2 - Sociale

de 15 à 30m³/an

1,9679 €/m³

0,9770 €/m³

0,5274 €/m³

3,4723 €/m³

Tranche 3 - Normale

de 30 à 60m³/an

2,9164 €/m³

1,4398 €/m³

0,7773 €/m³

5,1335 €/m³

Tranche 4 - Confort

de 60 m³/an et plus

4,3292 €/m³

2,0571 €/m³

1,1104 €/m³

7,4967 €/m³

Tarif non-domestique linéaire

2,1553 €/m³

1,0080 €/m³

0,5552 €/m³

3,7185 €/m³

Tarif  industriel

de 0 à 5.000 m³ :

2,1553 €/m³

1,0080 €/m³

0,5552 €/m³

3,7185 €/m³

au-delà de 5.000 m³

1,6166 €/m³

1,0080 €/m³

0,5552 €/m³

3,1798 €/m³

Redevance annuelle d'abonnement par logement

23,80 €

Source : HYDROBRU

Temps de retour sur investissement

La récupération d'eau de pluie demande généralement un surcout d'installation avec parfois des temps de retour qui peuvent paraître longs.

Dans le logement , des Temps de Retour Simples (TRS) sur investissement de l'ordre de 10 à 25 ans (en fonction de la densité d'occupation : hauteur des bâtiments par rapport à la surface de toiture) seront généralement observés.  Pour les bâtiments de bureaux et les halls de fabrication (bonne valorisation de l'eau de pluie récoltée), des temps de retour simples de 10 à 20 ans peuvent être observés pour un investissement total (citerne et équipements) de 15.000 à 20.000€. Etant donné les faibles besoins d'eau par rapport à la surface de collecte des halls de stockage , la mise en commun d'une citerne de récupération d'eau de pluie d'un hall de stockage avec un bâtiment de bureaux ou avec un hall de fabrication permet de valoriser au mieux la récupération d'eau de pluie sur l'ensemble des toitures et permet de rentabiliser l'investissement (entre 10 et 15 ans de Temps de Retour Simple).

Primes

Il existe des primes au niveau de la Région de Bruxelles-Capitale (pour le placement et la réparation d'une citerne d'eau de pluie) et de certaines communes. Le montant attribué par certaines communes peut en général atteindre 500€.

Pour plus de détails :

Aspects socio-culturels

Eau de distribution et économie d'échelle

Actuellement, le prix de l'eau est basé sur la consommation en eau de ville et la composition du ménage qui consomme cette eau. Le prix de l'eau au m³ comprend à la fois l'approvisionnement en eau des foyers mais aussi l'assainissement et l'épurations des eaux usées (source Vivaqua ).

La consommation d'eaux pluviales induit donc une forme de déséquilibre puisque la consommation d'eau de ville diminue, alors que les besoins en assainissement restent les mêmes. Ce déséquilibre entre consommation et rejet se traduit par un déséquilibre financier : les coûts d'assainissement, fixes, ne sont plus couverts par les revenus issues de la fourniture d'eau potable, en diminution. Une compensation est alors nécessaire via une augmentation globale du prix de l'eau afin de couvrir les frais fixes liés à l'assainissement.

Ces propos sont à nuancer par le fait qu'en assainissement unitaire, l'eau de pluie ainsi utilisée diminue globalement les volumes d'eau véhiculés vers les stations d'épuration bruxelloise et donc limite aussi les volumes d'eaux usées à traiter. Il est donc important d'insister sur la mise en place, en plus de la récupération d'eau de pluie, d'une réflexion globale sur la gestion de l'eau de pluie sur la parcelle permettant de réduire drastiquement voire de supprimer le rejet d'eau claire ‘parasite' dans le réseau d'assainissement collectif (voir dossier | Gérer les eaux pluviales sur la parcelle ).

Santé

L'eau de pluie pourra s'avérer être chargée en bactéries pathogènes. Le type d'usage dédié à la récupération d'eau de pluie devra être choisi en évitant les usages à risques (risque de contact avec les personnes, risques de nébulisation, risque de prolifération bactérienne, etc.). Dans les contraintes d'entretien, le choix des dispositifs d'économies d'eau peut aussi avoir des répercussions sur la santé par la création de zones propices au développement de bactéries. La récupération d'eau de pluie ne pouvant se faire au détriment de la santé des occupants , il faut systématiquement s'assurer que la conception de l'installation ne compromet pas la qualité de l'eau et/ou que les contraintes d'entretien soient respectées.

La plus grande attention sera apportée à la récupération d'eau de pluie dans les bâtiments accueillant des personnes fragilisées plus sensibles (hôpitaux, maison de repos, crèche,…).

Arbitrage

Toiture verte et récupération d'eau de pluie

Aspect qualitatif

Sur base du tableau repris dans qualité de l'eau de pluie en partie Etapes de conception > Evaluer le potentiel de récupération d'eau de pluie , on constate que la toiture verte n'est pas sans impact sur la qualité de l'eau de pluie récupérée. Une augmentation du nombre de bactéries est souvent constatée. La concentration dans l'eau de pluie étant déjà plus importante que l'eau du réseau public de distribution, la concentration bactériologique de l'eau stockée dans la citerne doit être surveillée et abaissée.

Les toitures vertes n'améliorent pas la qualité de l'eau de pluie récoltée dans tous les domaines. On limitera les usages couverts par de l'eau pluie provenant d'une toiture verte à ceux qui présentent le moins de risques de contact ou de nébulisation (chasses des WC ou des urinoirs, l'arrosage des abords).

Néanmoins, les toitures vertes contribuent à améliorer un autre compartiment de l'environnement, très important en site urbain, la biodiversité (voir Réaliser des toitures vertes ). Elles jouent aussi un rôle pour la temporisation des pluies courantes et l'amélioration du cycle de l'eau en site urbain (voir Gérer les eaux pluviales sur la parcelle ).

Cette problématique de la qualité de l'eau de pluie récoltée depuis une toiture verte peut être, en partie, résolue par la conception de ces toitures vertes.

Aspect quantitatif

Dès lors que des toitures vertes sont prévues, la quantité d'eau récoltée sera réduite. On considère que, seuls 50 à 70% de l'eau collectée pourront être effectivement récupérés dans la citerne (toitures vertes extensives, jusqu'à 10 cm de substrat). Au-delà seulement 15 à 50% peuvent être collectés pour une toiture verte intensive.

Le choix du type de toiture influencera grandement le choix de la dimension de la citerne. Un compromis doit être fait entre le choix d'une toiture verte (intensive ou extensive), le potentiel de remplacement des besoins en eau par de l'eau de pluie et la dimension de la citerne.

Quantité d'eau de pluie récupérée en inadéquation avec les besoins

Une grande partie de besoins peuvent être couverts par de l'eau de pluie : chasses des toilettes (WC et urinoirs), entretien des bâtiments , arrosage des abords , machines à laver , entretien d'un parc de véhicules , etc.

Lorsque dans une installation de récupération d'eau de pluie, les volumes collectés ne suffisent pas à couvrir les besoins de l'ensemble des utilisateurs d'un bâtiment, il faut réaliser un arbitrage :

  • Soit modifier son choix du(des) poste(s) qui sera(ont) remplacé(s) par de l'eau de pluie .

    Cela passe par la réduction des besoins qui peuvent être couverts par de l'eau de pluie en envisageant un usage moins consommateur . Par exemple, choisir l'entretien des abords et du bâtiment (robinets dans les communs, à chaque étage pour le lavage des zones communes, l'arrosage des plantes, etc.) plutôt que l'alimentation de l'ensemble des WC. Attention que cette solution qui parait simple de prime abord, nécessite tout autant d'équipements et ne sera pas toujours intéressante d'un point de vue rentabilité financière. Dans du logement unifamilial, l'utilisation d'une citerne de jardin (simple de conception) peut être une solution intéressante dans ces cas. Comme souvent, une approche au cas par cas est nécessaire ;

  • Soit réduire le nombre de points de puisage .

    Cela passe par la réduction des besoins qui peuvent être couverts par de l'eau de pluie en desservant moins de points de puisage . Par exemple, dans le cas d'une alimentation des WC d'un ensemble de logements, ne desservir qu'un ou deux étages sur la totalité du bâtiment ou une partie de bâtiment.

Comptage et répartition des consommations d'eau entre différents utilisateurs >< coût de l'installation

Dans une installation de récupération d'eau de pluie, des consommations d'eau potable sont nécessaires pour permettre de couvrir les périodes de sécheresse (lorsque la citerne est vide et que l'on a besoin d'eau).

Quelle que soit la taille du projet ou son affectation, il est conseillé d' installer au minimum deux compteurs sur l'installation de récupération d'eau de pluie :

  • 1 compteur pour l'appoint en eau potable du réseau de distribution ;
  • 1 compteur pour l'eau non potable distribuée dans le bâtiment (au départ de la pompe).

Pour être utile, l'installation de ces compteurs doit s'accompagner d'une procédure de relevé régulier : automatisé (outil informatique) ou manuelle.

S'il y a plusieurs usages de l'eau de pluie au sein d'un même bâtiment, il est intéressant d'installer un compteur par type d'usage différent pour suivre les performances de l'installation.

Lorsque l'installation de récupération d'eau de pluie dessert plusieurs utilisateurs (logements collectifs, plateaux de bureaux, etc.), chaque utilisateur devrait bénéficier d'un comptage différencié de ses consommations d'eau de pluie afin de répartir équitablement les coûts de fonctionnement et de permettre de suivre ses consommations d'eau (éviter les dérives, par exemple pour identifier une fuite d'eau : voir Faire un usage rationnel de l'eau ).

Néanmoins, le placement de compteurs peut représenter un investissement important selon la taille du réseau projeté. Pour améliorer la rentabilité financière de l'installation de récupération d'eau de pluie, on pourrait envisager de ne pas comptabiliser les consommations d'eau potable de certains postes de consommations lorsque les usages et les volumes d'eau de pluie récupérés sont proches entre les différents utilisateurs. Par exemple, l'alimentation en eau de pluie des chasses des WC représente une consommation suffisamment linéaire et bien répartie entre les différents utilisateurs sans risques de dérives et il n'y pas lieu de placer des compteurs supplémentaires.