Eléments de choix durable

Synthèse des éléments de choix durable

Les éléments du choix durable développent des arguments permettant à l'utilisateur du guide de choisir et de développer la meilleure solution pour chaque cas spécifique. Cette partie du dossier détaille les avantages, les inconvénients, les éventuels freins et moteurs relatifs aux dispositifs.

Le tableau ci-dessous synthétise les différents éléments du choix durable au regard des dispositifs. Pour chacun de ceux-ci, un symbole indique la pertinence relative de chacun des arguments. Dans la mesure où les éléments du choix durable alimentent la réflexion quant à la durabilité du projet, il s'agit bien d'une simple indication, qui de plus doit être interprétée dans chaque situation particulière.

Eléments choix durable

Enduits

Plaques de plâtre

Panneaux bois

Lambris

Papier peints et textiles

Peintures

Eléments de faux plafond

Faïences murales

Matériaux de sol utilisés en parois verticales

Aspects techniques

Application

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Support

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Résistance mécanique

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Aspects environnementaux

Epuisement des ressources

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Fin de vie : démontage, récupération, recyclage

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Protection des surfaces

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Aspects économiques

Coût d'investissement

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Coût de l'entretien

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x

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Facilité de démontage et de réparation

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Aspects socioculturels

Effet sur la santé

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Confort intérieur

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X

x

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Filières de production de produits plus durables

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Impact positif important

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Impact négatif important

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Impact positif moyen

Impact négatif moyen

x

Aucun impact

Aspects techniques

Les revêtements intérieurs de murs et plafonds recouvrent une large gamme de matériaux différents. Il est difficile de préciser ici tous les aspects à prendre en compte pour effectuer le meilleur choix. La description des aspects techniques repris ci-dessous est assez générale et est développée plus en détail dans les parties «  Mise en œuvre - aspects communs à tous les dispositifs  » et «  Mise en œuvre - aspects relatifs à chaque dispositi f  »

Application

Il convient de définir la fonction de la pièce dans laquelle le revêtement va être mise en œuvre. En effet les sollicitations ont une incidence très importante sur la durée de vie du revêtement (voir tableau dans la partie conception ci-dessous).

Support

Le support doit permettre la mise en œuvre du revêtement intérieur choisi. C'est une des conditions qui permettra de garantir la longévité du revêtement et d'éviter les problèmes techniques, fissures, descellements, décollages, etc. (Voir tableau dans la partie conception ci-dessous).

Résistance mécanique

La résistance mécanique d'un revêtement doit être prise en compte dans le choix d'un revêtement afin d'assurer son adéquation avec la fonction qu'il devra assurer (voir tableau dans la partie conception ci-dessous).

Aspects environnementaux

Epuisement des ressources

Le caractère renouvelable des matières premières utilisées est un enjeu majeur de l'épuisement des ressources (voir dossier Problématique et enjeux d'une utilisation durable de la matière ), il est essentiel d'envisager le recours à des produits et matériaux fabriqués à base de matières premières renouvelables. Malgré certains préjugés à l'égard des matériaux renouvelables comme les peintures à la fécule de pomme de terre, les enduits en terre, en argile, en paille - dont il n'est pas rare d'entendre qu'on craint leur tenue dans le temps, ces produits ont fait leurs preuves depuis longtemps, et constituent une option pertinente sur le plan du développement durable.

Fin de vie : démontage, tri, récupération, recyclage

Lors du choix d'un matériau, il est important de se poser la question de la manière dont il sera assemblé avec les autres composants du bâtiment. Le caractère démontable des matériaux de revêtements (entre eux ainsi qu'au niveau de leur association aux autres composantes du bâtiment) impact grandement leur destin en fin de vie. Les assemblages mécaniques permettent un démontage aisé et donc le tri et la valorisation des déchets lors de la déconstruction du bâtiment.

Adopter l'approche cycle de vie (voir dossier Problématique et enjeux d'une utilisation durable de la matière et Le cycle de vie de la matière : analyse, sources d'informationetoutils d'aide au choix ) impose l'intégration d'objectifs de désassemblageetde déconstruction au projet, de la conception jusqu'à la mise en œuvreetce pour toutes les composantes du bâtiment. Par exemple, un carrelage collé sur une plaque OSB est difficilement démontable.

Protections des surfaces

La fréquence et le type de produit utilisé peuvent peser (très) lourdement dans la balance de l'impact environnemental global du complexe. De plus ces produits peuvent avoir un impact sur la recyclabilité des matériaux lors de la fin de vie du revêtement (recours au downcycling, qualité des produits après recyclage, …)

Aspects économiques

Coût d'investissement

Le coût d'investissement varie fortement d'un produit à un autre, il est donc nécessaire de bien définir la durée de vie « prévisible » d'un matériau afin d'effectuer le choix le plus rationnel en terme de coût cumulé. En effet placé un matériau moins cher qui devra être remplacé tous les 10 ans n'est peut-être pas la solution la plus économique comparé à un matériau pouvant être conservé durant une cinquantaine d'années.

Coût d'entretien

Suivant le type de revêtement choisi, le coût d'entretien peut s'avérer important, notamment si le matériau est altéré par le temps ou si les contraintes évoluent (technique, usage, …). Il faut également noter que certains matériaux peuvent facilement être remis en état par de légères réparations (Terre crue, Tadelakt, …) tandis que d'autres demanderons à être totalement remplacé (papier-peint, …), ce qui engendre des coûts supplémentaires importants.

Facilité de démontage et de réparation

Afin de limiter les coûts économiques engendré durant la phase d'exploitation du bâtiment, il est important de concevoir le bâtiment de manière à permettre le démontage des différentes parois sans devoir casser ou engendrer des travaux important dans celui-ci (entretien, remplacement d'autres éléments, modification spatiale, etc.) Ces aspects sont développés dans le Dossier | Problématique et enjeux d'une utilisation durable de la matière.

Aspects socio-culturels

Effet sur la santé

Les revêtements de mur et de plafond d'origine synthétique (papier-peint, lambris plastique, …) sont généralement à éviter sur le plan de la santé et de l'environnement. Ils sont émetteurs de composés organiques volatiles (COV), allergènes et difficilement recyclables. En général, une rationalisation de l'utilisation des matières synthétiques s'impose. Leur emploi ne devrait être envisagé que lorsqu'aucune alternative constructive n'est possible. Dans le cas contraire, on veillera à établir une sélection de matériaux synthétiques ne diffusant pas de COV et propices au recyclage.

Il en ira de même pour certains enduits, peintures, traitements de protections, … et colles utilisées dans la mise en œuvre de certains revêtements.

Pour plus de détail, voir Dossier | Eviter les polluant intérieurs .

Enduit intérieur en chaux naturelle

Enduit intérieur en chaux naturelle Projet Batex (43) © Yvan Glavie

Projet Batex (43) © Yvan Glavie

Confort intérieur (thermique, acoustique, hygrométriques)

Le choix d'un matériau de finition intérieur peut avoir un impact très important sur la qualité du confort intérieur. Par exemple, les faux plafonds suspendus peuvent jouer un rôle acoustique majeur dans une pièce, les enduits massifs permettre de conserver l'inertie thermique d'un bâtiment et régulent l'humidité, les panneaux en fibre de bois joue un rôle de freine vapeur, etc. (Voir tableau dans la partie conception ci-dessous).

Filières de production de produits plus durables

Le choix d'un matériau peut dans certains cas soutenir une démarche de production plus durable, de production locale avec des circuits courts. Cela permet également de préserver un savoir-faire de techniques « oubliées » et de pouvoir les transmettre à la jeune génération, par exemple le chaulage de façades (n'est pas une nouvelle technique, mais plutôt une technique « oubliée » pendant longtemps, au profit de solutions plus « rapides »).

Arbitrage

Absence de revêtement versus qualités esthétiques

L'absence de revêtement, notamment sur les parois intérieures maçonnées, est l'optimum économique et environnemental liés à l'usage de matériaux. Ces parois n'ont cependant généralement pas les qualités esthétiques et de confort souhaitées. De plus certains matériaux s'y prêtent mieux que d'autres. Par exemple, l'aspect d'un mur brut en blocs de béton cellulaire est très différent de d'un mur en blocs silico-calcaire (couleur rugosité, …). L'aspect brut peut être plus ou moins acceptable selon la fonction de l'espace dans lequel se trouve la paroi (buanderie, espace technique, circulation versus espace de vie).

Absence de revêtement >< étanchéité à l'air

L'absence de revêtement peut également être un inconvénient majeur à la réalisation d'une bonne étanchéité de l'enveloppe, en effet, le plafonnage joue souvent ce rôle pour dans les constructions massives, blocs, béton, terre cuite, … (Voir Améliorer l'étanchéité à l'air ).

Stratégie thermique >< confort acoustique

Tout élément et matériau mis en œuvre dans un bâtiment jouera un rôle au niveau de l'inertie thermique (voir Assurer une grande inertie thermique et Assurer le confort thermique ) de celui-ci. La pertinence du choix d'éléments à faible inertie (comme les panneaux de bois) ou à forte inertie (comme les enduits massifs) dépendra de la stratégie thermique globale visée.

En fonction du matériau choisi, on conservera ou on diminuera l'inertie thermique d'une pièce. Ce qui peut avoir un impact important sur la stratégie thermique mise en place. Un élément de béton laissé à l'état brut ou mur recouvert d'un enduit en terre permet de conserver un « accès facile » la masse thermique, par contre, un doublage intérieur d'un mur en béton par des plaques de plâtres diminue fortement « l'accès » à cette masse thermique (voir Assurer une grande inertie thermique ).

D'un autre côté, le confort acoustique d'une pièce dépend notamment du facteur de réverbération des surfaces et donc du type de matériau mis en œuvre. Dans des pièces avec des matériaux laissés à l'état brut ou couvertes d'enduits lisses, le confort risque d'être assez mauvais, il faudra alors prendre des mesures de corrections acoustiques par exemple par la mise en place de faux plafonds acoustique ou de cloisons de doublage acoustique (voir Assurer le confort acoustique dans les locaux ).

Ces deux aspects peuvent donc être contradictoires, il faut dès lors bien les garder en tête pour parvenir à les concilier dans une solution équilibrée.

Mis à jour le 01/01/2013